France

Christian Courbon, technicien spécialisé en charge des missions de terrain de la Commission de recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD) basée à Valence prend sa retraite.

Les populations, les organisations de la société civile de la Commune Rurale de Falea et leurs partenaires institutionnels lui expriment leurs remerciements et leur profonde gratitude.

Il est français de nationalité, mais Falois de cœur, citoyen du monde. Christian Courbon, technicien spécialisé en charge des missions de terrain, après de nombreuses années de loyaux services rendus à la CRIIRAD, une institution scientifique européenne mondialement connue pour la qualité de son expertise dans le domaine du nucléaire et une solide expérience des terrains africains, est admis à faire valoir ses droits à la retraite. Les populations, les organisations de la société civile de la Commune Rurale de Faléa et du Cercle de Kenieba, les partenaires institutionnels par la voix du professeur Many Camara, Président de ASFA 21, lui sont infiniment reconnaissants. Lisez plutôt…

Difficiles conditions de voyage et de vie sur le terrain.

C’est le cœur serré que nous avons appris, par mail de notre ami Bruno Chareyron, que Christian COURBON, technicien de la CRIIRAD spécialisé en enquêtes de terrain et en formation des acteurs des communautés de base à la collecte de données scientifiques dans leur environnement et leurs espaces de vie, est admis à faire valoir ses droits à la retraite.

L’ensemble de la population et les autres organisations de la société civile de la Commune Rurale de Faléa (associations de femmes et de jeunes, organisations professionnelles, groupes culturels et artistiques, leaders d’opinion…) ainsi que nos partenaires institutionnels locaux (Conseil Communal de Faléa et Conseil de Cercle de Kenieba, autorités administratives et services techniques) se joignent à notre association citoyenne ASFA21 (nouvelle dénomination de l’ARACF) pour lui exprimer nos sincères remerciements et notre profonde gratitude pour l’appui scientifique et technique très précieux et salvateur qu’il a apporté en mars 2011 aux communautés de toute la région exposées à leur insu aux impacts désastreux des activités de prospection et de carottage uranifères de la société Rockgate Capital Corp.

En effet, envoyé en mission de terrain par la CRIIRAD à Bamako et dans  la Commune de Falea, Christian COURBON a pu, dans un délai très court, formé les membres de l’ARACF (ASFA21) et une équipe d’enquêteurs locaux à Faléa sur l’impact des mines d’uranium, les accompagner et les encadrer sur le terrain pour réaliser le « point zéro radiologique », animer des séances de travail (information, sensibilisation, collaboration) avec les services techniques de l’Etat chargés de la radioprotection, de la santé et de l’environnement.

Enquêtes avec l’équipe dans les espaces de vie et dans l’environnement  

Avec l’ingénieur en physique nucléaire Bruno Chareyron, responsable du laboratoire de la CRIIRAD, il a également appuyé la délégation des eurodéputées Vert du Parlement Européen, conduite par Mme Eva Jolly pour éclairer et conseiller les plus hautes autorités maliennes sur la problématique du projet d’exploitation d’une mine d’uranium dans la zone de Faléa, informer (à travers une conférence de presse mémorable) l’opinion publique nationale malienne sur les dangers liés à la mise en œuvre d’une telle entreprise.

Les deux scientifiques de haut niveau international ont ensuite élaboré un rapport technique remarquable, complet et très riche, contenant des recommandations de mesures préventives de protection des populations, des eaux et des animaux à prendre par le Gouvernement malien. 

Toutes ces actions ont conduit le Gouvernement du Mali à mettre en place un cadre de concertation (Conseil communal, ARACF, populations, Ministère des Mines du Mali et Société Rockgate Capital Corp) pour faire le suivi et l’encadrement des travaux de prospection et de carottage, garantir la santé et la sécurité physique des populations ainsi que la vie des animaux.

Informée par nos soins, l’équipe locale de surveillance de la radioactivité de Faléa, sa contribution majeure au développement durable des capacités des acteurs citoyens locaux, tient, tout comme ARACF/ASFA21, à lui rendre un vibrant hommage et à souligner ses qualités professionnelles et humaines : son esprit d’ouverture, sa capacité exceptionnelle d’adaptation aux conditions les plus difficiles de terrain (nourriture, logement, pénibilité du voyage sur des pistes quasiment impraticables, pannes de véhicules, marche sur de longues distances dans la brousse africaine, intempéries, moustiques, etc.), sa rigueur scientifique associée à une grande humilité, son enthousiasme communicatif, son souci permanent de l’autre, sa très vive sensibilité aux difficultés et souffrances des habitants, en particulier les femmes et les enfants.

En symbiose avec le cadre physique du village de Falea et son chef traditionnel (sublime coup de cœur et méditation en commun sur l’avenir de la communauté suite a une vraie rencontre)

Pour les gens de Faléa, Christian COURBON est à la fois un grand Ami, un sauveur, un vrai semeur d’espoir et un maître en capacitation fondamentale permettant aux populations et communautés villageoises de comprendre et maîtriser facilement les techniques scientifiques pour prendre elles-mêmes leur destin en mains.       

Nous lui adressons tous nos vives félicitations et lui souhaitons, de tout cœur, plein de bonheur dans cette nouvelle étape de sa vie.

Pour ASFA21 (ARACF), les acteurs citoyens et les communautés de Faléa

Professeur Many CAMARA

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Afrique, Mali :

des nouvelles de

la Commune de

FALEA

et ses 21 villages

Notre demain est notre affaire

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Le Tabalé pour appeler au rassemblement

Après une résistance improbable mais réussie contre l’ouverture d’une mine d’uranium sur leur territoire communal, les habitants de Faléa inventent en toute autonomie leur avenir dans un Mali qui semble aller à vau l’eau. « Le pays va mal, très mal, et l’horizon s’assombrit de jour en jour… de quoi demain sera fait ? Qu’allons-nous devenir ?» A ces interrogations quotidiennes, qui expriment le désarroi et la désespérance des populations maliennes aujourd’hui, les habitants de Faléa répondent : «Notre demain est notre affaire!». Et ils traduisent, chaque jour un peu plus, leur position dans leurs actions collectives.

Les interventions, actions, partenariats  et réalisations depuis fin 2016

  1. Pour une gestion rationnelle, transparente, concertée, participative, consensuelle, équitable et solidaire des ressources du territoire communal
  2. S’approprier la démocratie locale et l’exercer pleinement
  3. Garantir la sécurité alimentaire, améliorer les revenus des femmes et des jeunes et lutter contre la malnutrition infantile
  4. Mobilisation générale stratégique pour la sauvegarde du cadre écologique global et le développement d’un orpaillage artisanal écologique, performant et rentable
  5. Liens vers les documents annexes

1)  Pour une gestion rationnelle, transparente, concertée, participative, consensuelle, équitable et solidaire des ressources du territoire communal

Face aux effets nocifs du projet d’exploitation d’une mine d’uranium concocté en catimini et de façon irresponsable à partir de 2007 par l’Etat malien et des sociétés minières étrangères sur leur  santé, leur environnement, leurs terres agricoles, leurs sources d’approvisionnement en eau, leur riche patrimoine culturel, les Falois s’étaient mobilisés de 2010 à 2014 pour empêcher sa réalisation. Ainsi, en janvier 2014, les équipements et matériels d’extraction de minerais de ces entreprises ont été retirés.

Cette victoire (peut-être provisoire…), qui leur donnait la possibilité de recouvrer leurs droits humains violés durant plusieurs années et construire leur avenir, a été acquise grâce aussi au soutien et à l’accompagnement de Action Solidarité pour les 21 villages de la Commune Rurale de Faléa (ASFA 21) ainsi qu’à l’efficacité de la solidarité internationale, notamment d’organisations citoyennes et institutions (scientifiques, municipales) européennes.

Quand la menace létale du projet de mine d’uranium a été écartée, les communautés de Faléa se sont immédiatement investies dans la construction d’un système endogène  de gestion transparente et consensuelle des ressources naturelles, agropastorales et minières de leur commune rurale.

Un appui financier de la GIZ Mali a permis la réalisation, entre 2015 et 2016, du diagnostic territorial participatif et l’élaboration d’un plan d’aménagement rationnel en fonction des vocations des différents espaces.

Ce document a été utilisé par le Conseil Communal de Faléa pour l’élaboration du nouveau Programme de Développement Social, Economique et Culturel 2017-2022 de sa collectivité territoriale.

Il est également, depuis lors, le cadre de référence que tous les intervenants (publics, privés, maliens et étrangers) sur le territoire communal de Faléa sont tenus de respecter.

Dans le cadre d’un « programme de gouvernance locale démocratique » soutenu par Helvetas-Suisse-Intercoopération, une « Commission Foncière (COFO) » locale représentative de toutes les catégories sociales a été mise en place pour assurer le droit de tenure foncière et forestière de tous, notamment les femmes, les jeunes et autres groupes sociaux marginalisés.

Afin de les outiller pour la défense de leurs droits, ASFA21 a fourni à la COFO, aux leaders communautaires et même aux élus municipaux une solide formation sur les textes et lois en gestion des ressources naturelles (Charte pastorale, Loi forestière, Loi d’Orientation Agricole et décrets d’application).

En outre, courant 2017, l’aide de la Fondation Rosa Luxemburg a permis de donner aux habitants de Faléa des formations pour la création d’aires protégées communautaires et au Conseil Communal les connaissances et la compétence nécessaires pour l’élaboration de plans environnementaux en concertation et en collaboration étroite avec les organisations communautaires de base, les gestionnaires coutumiers des ressources naturelles et les autorités traditionnelles.

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Rencontre inter-villageoise de concertation à Faléa

2) S’approprier la démocratie locale et l’exercer pleinement

Les habitants de Faléa ont construit une vigilance collective efficace dans le cadre de la politique de décentralisation engagée par l’Etat malien.

Ainsi, afin de faire traduire dans la réalité le principe de «redevabilité» des élus, gage de transparence, de participation inclusive et de contrôle de la gestion des  ressources communales, ils ont créé un « Comité Citoyen de Suivi de l’exécution et du contrôle du budget communal de Faléa ». Cet organe communautaire assure la surveillance collective des opérations de recettes et de dépenses, la participation massive et efficiente des populations aux sessions de restitution publique des Comptes Administratifs de la Mairie et aux travaux d’élaboration des PDSEC (Programmes de Développement Social, Economique et Culturel) de leur commune.

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Mission d’appui technique de l’équipe des médecins bénévoles de ASFA21

2) Garantir la sécurité alimentaire, améliorer les revenus des femmes et des jeunes, et lutter contre la malnutrition infantile

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Séance de démonstration de récupération nutritionnelle des enfants sous-alimentés avec les mères à Faléa

          L’utilisation de la main-d’œuvre locale par les sociétés aurifères dans leurs opérations de prospection et le développement de l’orpaillage artisanal ces dernières années ont eu pour conséquences la désertion du secteur agricole par les bras valides, des déficits chroniques de la production alimentaire et une hausse vertigineuse des produits vivriers dans la Commune Rurale de Faléa, bref une situation d’insécurité alimentaire.

Pour y faire face, les Falois ont opté pour la diversification des ressources alimentaires et des sources de revenus.

C’est ainsi qu’avec le concours des jeunes, les femmes ont réalisé un périmètre maraîcher collectif et une parcelle d’un hectare de moringa olifeira pour améliorer leurs revenus et lutter contre la malnutrition infantile

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Activités de maraîchage des femmes à Faléa

L’Association Solidarité Faléa ASFA21  lutte contre

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-la désertion du secteur agricole par les bras valides, qui crée une situation d’insécurité alimentaire.

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-la hausse vertigineuse des prix des produits vivriers.

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Maraîchage à Faléa

4) Mobilisation générale stratégique pour la sauvegarde du cadre écologique global et le développement d’un orpaillage artisanal écologique, performant et rentable

Parmi les acquis les plus importants de la prise en mains de leur destin par les habitants de Faléa, il faut souligner la prise de conscience générale de la menace d’une catastrophe écologique et du péril sanitaire que constitue l’exploitation minière artisanale dans la Commune de Faléa et du Cercle de Keniéba avec l’utilisation de produits chimiques polluants comme le mercure, le cyanure ou l’arsenic.

        Aussi, suite à la sensibilisation menée par ASF21, tous les acteurs locaux (les orpailleurs, les leaders coutumiers, les autorités traditionnelles, les élus, l’Administration et les Services techniques ont signé en 2018 une « Convention Locale de nonutilisation des produits chimiques » en vue d’appliquer sur le terrain la Convention de Minamata signée et ratifiée par le Mali.

Dans le but de donner les meilleures chances de réussite à la mise en œuvre de cet engagement collectif, ASFA21, en partenariat avec la GIZ Mali, a aidé les orpailleurs (par des appuis techniques à l’organisation et à la formation) pour mettre en place trois coopératives dans les principales zones d’orpaillage.

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Montage du concentrateur à spirales par les artisans locaux

Outre le groupage de leurs offres pour peser sur le marché de vente de l’or, ces coopératives d’orpailleurs ont l’ambition de porter un projet d’orpaillage écologique soutenu par un système de bonus de 10 à 15 %.

Pour ce faire, un prototype d’équipement technologique adapté, le concentrateur à spirales, a été importé et reproduit à l’identique par des artisans (mécaniques et soudeurs) locaux pour assurer son appropriation par les acteurs maliens et le développement d’une filière économique autonome.

Des séances de démonstrations du concentrateur à spirales made in Mali ont eu lieu récemment à Faléa et à Bamako. L’initiative a fait l’objet d’un véritable plébiscite de la part des orpailleurs, des départements techniques chargés des mines, de l’industrie et de l’environnement, des élus nationaux et responsables des collectivités territoriales, des agences de coopération intéressées par le secteur minier et l’environnement.

        La démarche devra être couronnée par la mise en place d’un comptoir d’achat et de vente d’or écologique dans la Commune Rurale de Faléa. En préparation de cette étape, une mission de découverte des orpailleurs, représentants des organisations communautaires, élus communaux accompagnée par ASFA21 a été réalisée auprès du Comptoir d’achat et de vente d’or local de Papara (République de Côte d’Ivoire) en 2018.

D’autres actions-phares en matière de protection de l’environnement et de la biodiversité ont été réalisées ou sont en cours. l s’agit de :

-la conception et de l’exécution en 2017, sous l’assistance technique de ASFA21 et du Centre d’Animation Pédagogique de Keniéba, d’un programme-test d’éducation environnementale en milieu scolaire dans la Commune de Faléa et les trois autres communes riveraines du fleuve Falémé : Keniéba, Faraba et Dabia ;

-l’institution en 2018, des « Journées environnementales dans la Commune Rurale de Faléa »

5) Liens vers les documents annexes 

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NEWSLETTER Octobre 2014

LA MENACE D’UNE MINE D’URANIUM A FALEA !

Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer,  mais le village de Faléa sans  mine d’uranium…  c’est encourageant.

Ce que nous vous avons émis comme espoir pour Faléa dans la dernière lettre circulaire se confirme.  La baisse du cours de l’uranium (Yellowcake) n’incite pas à ouvrir de nouveaux gisements. La capacité de production mondiale est trop importante.  On n’est plus  à l’heure  de la spéculation effrénée pour tirer profit de la flambée des prix de cette matière première toxique, mais au contraire à une tout autre époque : la chute continue de son cours.  Conséquence : les titres d’AREVA plongent  de l’ordre de 20% le premier août 2014. Le 9 octobre, l’agence de rating,  Standard and Poor, S&P, parle de perspective négative et donne aux actions d’AREVA le classement BBB.  Encore un peu et c’est l’État français détenteur direct ou indirect de près de 87% du capital d’AREVA qui va, comme d’habitude,  lui « sauver»  la mise !

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SUCCÈS À FALEA !

L’initiative citoyenne ARACF  vient de remporter une victoire non
négligeable: la mise en place d’un  BAC Fluvial, projet de désenclavement pourtant bloqué depuis des années.
Le prix du Yellowcake demeurant trop bas pour motiver la société DENISON à
accélérer le début l’extraction de l’uranium de Faléa. (Denison est le
nouveau propriétaire des droits d’explorations minière), la société civile qui s’oppose aux conséquences d’un tel développement, dévastateur pour les terre agricoles, vient de
remporter un succès important pour une issue économique
alternative , ….le désenclavement de Falea  gràce ä la mise en place d’un
bac moteur pour traverser le Falémé !

Ci-joint  :

  • Le texte integral du communiqué de presse de l’ARACF concernant le projet de BAC
  • La lettre du Ministre
  • NEWSLETTER décembre 2013

    En résumé,
    Quelques bonnes nouvelles !

    • La baisse continue du prix du Yellowcake ralenti l’ouverture de nouveaux gisements.
    • La société d’exploration à Falea, Rockgate (RGT) avalé par Denison (DNN)
    • L’activisme 2013 de l’initiative citoyenne ARACF et ses amis…
    • La consultation populaire à Falea repoussée de nouveau : l’Étude d’Impact Environnemental et Social (EIES) n’est toujours pas disponible.
    •  L’échange entre Falea et Arlit dans les premiers mois du 2014.
    • La déclaration de solidarité de ARACF avec la société civile nigérienne.
    • « Normalisation politique » au Mali sous surveillance française.

    Madame, Monsieur,
    chères ami/es,

    Concernant FALEA et le projet de la mine d’uranium, nous pouvons constater une baisse continue depuis la catastrophe de Fukushima du prix du Yellowcake (l’uranium commercialisé), qui ne couvre plus les frais de l’extraction. Ceci laisse espérer aux habitants de Faléa que l’ouverture de la mine sera repoussée de plusieurs années…le temps d’approcher et de réaliser des alternatives économiques.

    La population de Faléa ne peut pas encore tirer les conclusions de deux événements majeurs : premièrement, la société canadienne Rockgate Capital Corp (RGT, Toronto), qui a effectué l’exploration du site de Faléa a été avalée par une plus grosse, canadienne aussi, et dénommée DENISON (DNN Toronto). Deuxièmement, on dit que la mine d’extraction de bauxite sur le territoire de la Commune de Faléa (Voir Panneau 2 de l’exposition Falea la menace d’une mine d’uranium, la carte de l’attribution des
    concessions) ne se réaliserait pas, la compagnie minière britannique qui y était active pour préparer son ouverture a déménagé avec ses équipements et ses matériels dans le sud du Mali, à Kignan (Région de Sikasso) .
    Est-ce que ce sont, là, des coïncidences résultant de l’activisme de l’initiative citoyenne ARACF (et ASFA 21)? Provoquées par la présence sur place de la Radio communautaire, la Déclaration des Maires du Cercle de Kéniéba, l’activité des comités de para-juristes, la participation d’une forte délégation des habitants de Faléa à la conférence internationale Uranium, Santé et Environnement de Bamako en mars 2012 et de représentants de l’ARACF à l’édition 2013 du même évènement à Dar es Salam (Tanzanie), la présence du tout nouveau véhicule sanitaire tout terrain, une Toyota 4roues motrices, offert par l’ARACF aux 21 villages de la Commune de Faléa, qui contribue, depuis mai 2013, de façon significative au désenclavement de la région? Tout cela constitue, en effet, un signal visible de plus que les habitants peuvent compter sur un nombre croissant d’alliés qui
    défendent l’Appel de Faléa. Parmi eux : la Ville de Genève, qui poursuit sans interruption son appui commencé en 2010, et les nombreuses organisations humanitaires, des syndicats, des parlementaires et des ONG’S de divers pays.
    Avant son rachat par DENISON, Rockgate a tenu à manifester ses bonnes dispositions à l’égard du Gouvernement malien. Le ministère de l’environnement a imposé pour ces négociations la présence des porteurs de l’initiative citoyenne ARACF. Est-ce que cela n’était qu’une manoeuvre pour ne pas perturber la vente des actions RGT à un bon prix ?
    En tous cas, il faut constater que l’EIES (étude d’impact) exigée par la législation minière malienne et annoncée sur le site web de RGT n’est pas encore mise en route et l’échéance pour le dépôt de son rapport n’a pas été fixée et diffusée officiellement. Ceci aura pour conséquence que la consultation populaire à Faléa ne pourra pas être envisagée dans les délais annoncés initialement par les acteurs citoyens et les élus.
    L’ARACF va utiliser ce temps pour analyser de près DENISON, ses activités au Canada, en
    Zambie, en Namibie et en Mongolie et essayer de comprendre ses relations avec AREVA.
    Elle va également organiser l’échange de Faléa avec Arlit, territoire de sites de mines d’uranium au Niger exploitées depuis plus de quarante ans, surtout par Areva,  et essayer de faire avancer sur le terrain les actions et projets qui favorisent un développement local, alternatif et durable.
    Sur le plan politique général, la démocratie sous la surveillance rapprochée de l’ancien (et du nouveau ?) colonisateur, la France, paraît retrouver un semblant de normalisation : les élections du 24 novembre et du 15 décembre 2013 des députés pour la nouvelle Assemblée Nationale se sont déroulées sans trop de heurts, mis à part de KIDAL, dans le nord du Mali. La France ne se distancie apparemment pas des organisations qui militent pour la division du Pays… Quant aux élections municipales, elles auront lieu courant mai 2014.

    Avec nos salutations amicales et bonne 2014

    Nouhoum KEITA, Hannes LAMMLER
    ARACF/ASFA21 FCE – Projet Falea

    AREVA révolte la société civile du Niger !

    Retrouver l’article source sur SWISSAID, et la déclaration de solidarité de ARACF en bas de page.

    « La société civile du Niger révoltée par l’attitude d’Areva, qui refuse toute négociation sur le prix de l’uranium

    La société civile du Niger révoltée par l’attitude d’Areva, qui refuse toute négociation sur le prix de l’uranium

    «Le Niger n’acceptera plus de continuer à mendier pour nourrir ses populations et subvenir à leurs besoins, alors que son uranium, exploité depuis plus de 40 ans par Areva, rapporte énormément d’argent au géant nucléaire français», estime Ali Idrissa, coordinateur du ROTAB, une organisation de la société civile nigérienne appuyée par SWISSAID.

    Dans un communiqué de presse conjoint publié le 16 décembre 2013, le ROTAB ainsi que la campagne Publiez ce que vous Payez – dont SWISSAID fait partie – condamnent l’attitude d’AREVA, qui refuse de négocier et continue à vouloir exploiter l’uranium du Niger à son unique profit. Et au détriment de la population nigérienne, dont l’écrasante majorité survit dans une révoltante pauvreté.

    C’est la toute première fois que le Niger demande à ce que des conventions qu’il estime très déséquilibrées soient renégociées. Et ce avant le 31 décembre 2013, date de leur expiration. C’est dire si le temps presse. Or, les négociations sont actuellement dans l’impasse, Areva recourant à tous les arguments possibles et imaginables pour ne rien lâcher. Le géant nucléaire estime par exemple que l’exploitation de l’uranium au Niger ne serait pas rentable si on lui retirait les exemptions et avantages fiscaux dont elle bénéficie depuis plusieurs décennies dans ce pays, ou que la demande mondiale est en baisse.

    Des arguments irrecevables pour Ali Idrissa et le ROTAB, qui encourage tous les citoyens nigériens à se mobiliser contre le comportement du groupe Areva. Et appelle à une marche de protestation le samedi 21 décembre 2013 devant le siège de la société française à Niamey, ses sites d’exploitation à Arlit et Agadez, ainsi qu’en France. Ali Idrissa estime que «depuis le début de l’exploitation jusqu’en 2010, le groupe Areva a fait sortir des mines nigériennes plus de 114’000 tonnes d’uranium», dont le Niger n’a tiré qu’un très faible bénéfice. Il estime par ailleurs qu’en refusant d’appliquer le nouveau Code minier adopté en 2006, qui prévoit des dispositions fiscales et douanières visant à accroître les revenus de l’Etat, Areva bafoue les règles du Niger. »

    ARACF, association des ressortissants et amis de la Commune de Faléa, soutient la société civile du Niger : ( télécharger le document en PDF)

    Déclaration de soutien de l’ARACF à la société du Niger

    Depuis plus de 45 ans, le groupe AREVA, le géant français du nucléaire, à travers ses filiales locales que sont la Somaïr et la COMINAK, exploite l’uranium du Niger. Les conventions  d’exploitation de cette ressource énergétique stratégique entre l’Etat du Niger et le groupe AREVA arrivent à échéance à la date du 31 décembre 2013.

    Ayant fait le constat que depuis plusieurs décennies le Niger n’a jamais profité de façon juste et équitable des retombées  financières de cette exploitation, la société civile de ce pays dans toutes ses composantes, s’est mobilisée comme un seul homme dans des  marches pacifiques à Niamey  et ailleurs (par exemple à Arlit où elle s’est heurtée à une interdiction illégale et scandaleuse) pour exiger des autorités  nationales et d’AREVA, de meilleures conditions en faveur des populations locales et des retombées financières conséquentes, facteur essentiel et nécessaire à la mise en œuvre du plan national de développement économique et social.

    En effet, une enquête réalisée par l’ONG OXFAM en 2010, a révélé le caractère inique de ce contrat : les compagnies minières ont extrait du sous-sol nigérien un total de 114 346 tonnes d’uranium qui représentent une valeur d’exportation de 2300 milliards de FCFA. De cette faramineuse somme, le Niger n’aurait perçu que 300 milliards de FCFA soit 13% de la valeur exportée ! Pendant ce temps, les dégâts induits par les activités extractives des filiales d’Areva sur l’environnement et la santé des populations nigériennes sont incommensurables. Leur exclusion de la gouvernance du secteur uranifère et minier en général est flagrante.

    L’ARACF (Association des Ressortissants et Amis de la Commune de Faléa) qui mène, au Mali, depuis plusieurs années, le même combat contre le pillage, la destruction du cadre écologique et de la santé des populations, l’injustice économique et sociale, pour la transparence et la démocratie participative dans la gestion du secteur mines-énergie, tient à apporter son soutien total et indéfectible à la lutte de la société civile du Niger qui exige la révision en profondeur et une renégociation juste et équitable des conventions d’exploitation afin de garantir au Niger des revenus plus substantiels pouvant lui permettre de faire face à des crises alimentaires récurrentes, d’assurer un meilleur accès aux soins de santé au plus grand nombre, une meilleure éducation et un investissement à hauteur des besoins dans l’agriculture.

    L’ARACF s’engage à participer activement et sans relâche au développement de la solidarité des citoyens, patriotes et démocrates africains autour de cette lutte noble et nécessaire de la société civile et du peuple du Niger pour acquérir la souveraineté nationales sur les ressources du pays, pour l’égalité dans la coopération internationale, pour la démocratie et un développement national autonome et réel.

    Bamako, le 27 décembre 2013,

    Pour le Bureau de l’ARACF, le Secrétaire à la Communication                                                Nouhoum KEÏTA

    Compte Rendu séjour et conférence en Tanzanie

     Conférence sur les conséquences de l’extraction de l’uranium pour l’environnement et la santé

    Bahi / Dodoma et Dar Es Salaam, Tanzanie  

     1 – 6 octobre 2013

    En Tanzanie, l’uranium devrait être extrait à  trois endroits différents. Un terrain arraché à un parc naturel, la Selou Game Réserve, site protégé par l’UNESCO comme patrimoine mondial ; un vaste champ de riz à Bahi et un paysage fertile actuellement géré et exploité par l’Église catholique à Manyoni, à une heure et demi en voiture de la capitale Dodoma. Ces terres seront ainsi transformées en dépotoirs miniers radioactifs . Le gouvernement n’apprécie guère l’opposition à ces projets.
    Des experts de l’uranium, des médecins et des scientifiques de différents pays ont visité ces champs et ont mis en garde  la population et le gouvernement confronté à ce choix diabolique[1] à l’occasion de la conférence « Les conséquences de l’uranium pour la santé et l’environnement » [2].  Cette rencontre, après celle de 2012 à Bamako, était aussi l’occasion pour une délégation de trois membres de l’initiative Citoyenne ARACF  Falea, Mali (voir Archipel No   2012) qui s’oppose à un projet de mine d’uranium,  de prendre contact avec l’opposition  tanzanienne. Voici un bref résumé.

    Mardi, 1er Octobre 2013, notre groupe international est au complet  à l’aéroport de Dodoma. Neuf  véhicules nous transportent dans les environs de Bahi, où nous découvrons les terres et la situation des villageois. C’est la saison sèche et l’on voit des tubes de plastique bleu qui dépassent d’environ un demi-mètre. Ils ne sont pas  étanchéifiées ! Depuis que des forages d’exploration ont été effectués sur ces terres, des personnes qui y travaillent se plaignent d’irritations de la peau et d’eczéma, qui proviendraient des produits chimiques utilisés lors des forages et contaminant ainsi l’ensemble des zones humides. Après la visite des terres – comme l’exige la coutume  du village, nous allons signer le livre des visiteurs à la Mairie.



    Devant ce bâtiment un grand nombre d’habitants nous entoure et des questions fusent dans tous les sens. Sur le chemin du retour la police arrête le convoi. Elle prétend que nous avons provoqué un tumulte dans le village et nous invite à la suivre à la station de police proche pour interroger l’un des organisateurs de la visite, Anthony LYAMUNDA, conseiller élu du district. Ceci dure quelques heures. Ce n’est que l’arrivée de l’avocat Tindu LISSU, venu exprès de Dodoma, qui met fin à l’interrogatoire. Nous retournons à la capitale où aura lieu le lendemain la première partie de la conférence. Les organisateurs prévoyaient d’abord Bahi, afin qu’un grand nombre d’habitants puisse y assister. Les mêmes rasions  invoquées pour l’interrogatoire ont été avancées pour imposer Dodoma comme lieu de conférence.  Malgré cela,  plus de 250 personnes de Bahi et Manyoni viennent le lendemain par bus à Dodoma.

     

    Plusieurs scientifiques et des intervenants du Canada, des USA, de l’Australie, de l’Afrique et de l’Europe ont informé les  quatre cents participants à la rencontre de DODOMA sur les dangers et les effets de l’exploitation minière de l’uranium. Quant au ministère de l’Énergie, il a annoncé par communiqué que l’extraction de l’uranium n’est pas  dangereux, mais  nécessaire pour le développement du pays (The Guardian, 10/02/2013).

     

     

    « Uranium: conséquences pour la santé et l’environnement», la conférence de Dar es-Salaam

     

    Hellen Kijo BISIMBA, directeur juridique de Legal and Human Rights Centre (LHRC),  Joan LEON de la Fondation Rosa Luxembourg de Dar Es Salaam et Günter Wippel (Freiburg, D) du réseau URANIUM NETWORK se sont félicité de pouvoir accueillir  une nombreuse audience  en grande partie nouvelle. Plus de quatre cents personnes étaient présentes ici. Mais peu de gens de Bahi et Manyoni ont pu faire le voyage de huit heures à Dar es Salaam. Le ministre tanzanien de la Santé, Dr Hussein MWINYI en dialogue avec Dr Andreas Nidecker IPPNW de la Suisse, ouvre officiellement la conférence après les contributions du Conseil national de l’environnement (NEMC) [3] et de la Commission de l’énergie atomique Tanzanie [4](TAEC). Dans un entretien pour Radio Zinzine et Archipel,  M. MWINYI répond à la question  « comment le gouvernement de la Tanzanie compte faire face à l’énorme fardeau de la renaturation des mines après la fin de l’exploitation de ce minerai et qui payera ? » « Le tout sera soumis à des accords avec les sociétés d’extraction et le gouvernement a entamé, grâce à l’expérience d’ailleurs, « a capacity building process »… autrement dit va acquérir des connaissances pour savoir comment la protection de la population face aux déchets radioactifs sera réalisée et financée durant les 200 ans[5]  (!) suivant la fin de l’extraction.[6]

     

    Hilma SHINONDOLA – MOTE  décrit l’ exploitation des ouvriers des mines et l’absence de protection du travail en Namibie. Une protection, selon les exploitants de mines, ne serait pas nécessaire puisque  la  « low level radiation is not dangerous » de faibles doses de rayonnements ne seraient pas dangereuses malgré la preuve du contraire apporté par que Hilma dans son étude de  2008 :  « Mystery behind low level Radiation [7]».  Robert MTONGA de la IPPNW Zambie a déclaré que  la tuberculose chez les mineurs représente  actuellement  le pire problème de santé en Zambie, « the worst public health problem we are facing today ». Un tiers de la population active en Zambie  travaille dans les mines.
    Thomas SEIFERT, professeur de géologie à l’Université de Freiberg (D) explique les maladies « mystérieuses » de mineurs dans l’Erzgebirge (D).  Depuis le Moyen Age on y extrait le minerai d’argent et les mineurs inhalent le gaz radon libéré dans les parties uranifères. Ceci cause  des cancers du poumon et représente encore aujourd’hui l’un des principaux problèmes des mineurs.
    Mariette LIEFFERINK est de l’Afrique du Sud. Elle travaille pour la « Fédération pour un environnement durable ». Elle décrit l’héritage des mines comme troisième fléau de la planète  juste après le réchauffement climatique.  « Les sociétés des mines partent ailleurs, pendant que les gens restent sur place et continuent à vivre dans le voisinage de tas de résidus au rayonnement comparable avec l’intensité du rayonnement de Tchernobyl. » Les vents portent des particules d’érosion et des gaz à partir de ces mines délaissées sur de grandes distances. On a pu détecter des résidus des ces mines de l’Afrique du Sud  en Tasmanie[8]. Le calculs coûts-bénéfices sont toujours faits pour le fonctionnement continue de la mine, sans prendre en considération les coûts après la fermeture des mines. La gestion des post mining costs[9] n’existe pas dans les calculs des grandes organisations comme la Banque Mondiale, qui élaborent les normes internationales.  La mine de Wismuth SDAG[10] – la plus grande mine d’uranium de l’Europe – n’a jamais généré de bénéfices, selon le Professeur Urs RUEGG, pharmacologue et président de  IPPNW Suisse. 80-90% de l’uranium extrait a été utilisé dans la technologie des armes.

     

    Nouhoum KEITA de l’initiative Citoyenne de Falea  ARACF  (Mali) a déploré l’ignorance presque généralisée sur les activités des sociétés transnationales et la précarité de son pays malgré l’extraction annuelle  d’au moins 50 tonnes d’or destinées à l’exportation.  Son compatriote Cheik Oumar CAMARA, vice-président du cercle (département) de Kéniéba, à laquelle appartient la communauté Falea ( www.falea21.org ) décrit les agissements des sociétés transnationales comme  un génocide régionale. Il est déterminé à poursuivre la lutte sans armes mais avec intelligence jusqu’à la fin . Enfin, nous entendons Soly RAMATOU du Niger, où la transnationale AREVA extrait depuis 40 ans l’uranium pour les centrales nucléaires  française et pour le marché mondial. « A partir de trois heures du matin, il est possible de se procurer pendant une heure de l’eau, alors que les mines d’Arlit[11] consomment environ 900.000 m3 par heure. »  AREVA est le plus grand employeur au Niger, mais  l’argent va dans ses poches et dans celles de quelques membres du gouvernement, alors que la population est l’une des plus pauvres du monde. La conclusion de Soly: « Contrairement à nous, Falea a toujours le choix de refuser la mine. Et nous devons les aider. »

     

    La Commission de l’énergie atomique Tanzanie (TAEC), citée au début de l’article, a été créée en 2003 avec la loi n ° 7 sur l’énergie atomique et son utilisation sûre et pacifique,  pour promouvoir la santé et la prospérité de la population tanzanienne. Selon le conseil national de gestion de l’environnement (National Environnement Management Council  (NEMC), l’attribution d’une concession d’extraction oblige la réalisation d’une étude d’impact environnementale et sociale (EIES) mais la Tanzanie ne dispose pas encore d’experts qui peuvent, d’une manière critique, accompagner une telle étude. « Tanzania started to get experts to protect uranium mining [12] » . L’UNESCO a autorisé le  gouvernement de la Tanzanie de sortir une partie de la réserve naturelle Selou Game Reserve – patrimoine de l’humanité –  de cet aire protégé et de céder ainsi aux transnationales une concession pour l’exploration de l’uranium sur ces terres. L’organisation  tanzanienne des droits humains (Legal and Humana Rights Centre LHCR) demande dans un film au gouvernement du pays, s’il est  prêt  à répondre aux défis de la catastrophe environnementale et sanitaire que provoque l’exploitation minière de l’uranium[13].

    Là où l’extraction de l’uranium s’effectue déjà depuis quelques années, comme au Niger ou au Canada, on peut constater les erreurs désastreuses commises par des politiciens et des sociétés transnationales, qui veulent profiter aujourd’hui et dans les années à venir des normes environnementales et sociales particulièrement faibles en Afrique pour réaliser des bénéfices encore plus grands[14].  Dans le cas de la Tanzanie, il y a des entreprises d’Australie, de Russie et d’Afrique du Sud (MANTRA, ARMS, URANEX etc [15]) qui sont dans la course.

     

    L’énergie nucléaire existe uniquement à cause de financements étatiques annuels à hauteur de millions d’Euros par le traité de l’EURATOM[16], grâce aux subventions accordées aux lobbies de l’armement militaire, à cause des avantages dûs à la situation accordée aux exploitants des centrales nucléaires  et la socialisation à la fois de la renaturation et de la réhabilitation des sites et la prise en charge par les États des sommes gigantesques nécessaires pour  l’élimination des déchets d’uranium.  A cela s’ajoute la soumission de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) à l’Agence internationale de l’Énergie atomique  (AIEA)[17]  .  Le lobby nucléaire empêche ainsi, grâce à cette agence internationale basée à Vienne, l’ indemnisation des travailleurs subissant des irradiations dans les mines d’uranium et dans les centrales nucléaires et de leurs familles ;   l’adaptation des polices d’assurance pour les dommages potentiels causés par les accidents nucléaires, la poursuite juridique des responsabilités personnelles des dirigeants, la participation de la population selon  les principes fondamentaux du consentement préalable, libre et éclairé  « Free Prior and Informed Consent » , la création de fonds publics pour la gestion des réserves des exploitants de centrales nucléaires  et  – à ne pas oublier – le traitement international et indépendant de la catastrophe de Fukushima .

     

    « Uraniun Mining : Tanzania faces the Devil ‘s choice, experts warn »

     

    Mines d’uranium : des experts avertissent la Tanzanie, qui est confrontée à un choix diabolique a titré The Guardian, samedi 5 octobre 2013 pour la deuxième journée de la conférence à Dar es Salaam. La journée débuta avec un rapport d’Andreas Nidecker IPPNW Suisse sur la situation du marché de l’uranium comme source d’ énergie, notant entre autre que les coûts de production d’uranium sont actuellement plus élevés que la valeur de sa vente . Il constate que les changements dans le marché de l’énergie dans son ensemble expriment une tendance  vers une réduction de l’approvisionnement en énergie nucléaire.
    Professeur Sebastian PFLUGBEIL explique l’histoire de Wismuth en Allemagne de l’Est, qui était alors la plus grande mine d’ uranium au monde. Il met en garde tout le monde au sujet de l’extraction de l’uranium  qui provoque des dommages irréparables et qu’il est impossible de renaturer entièrement les zones minières. Il explique comment AREVA, la transnationale française a appris de l’exemple de Wismuth. Ainsi elle exploite au Niger un hôpital privé dans les mines  pour éviter que les maladies des mineurs soient évaluées de manière indépendante.

     

    David FIG de Johannesburg , combattant de longue date contre les mines d’uranium et les Centrales nucléaires en Afrique du Sud, met en évidence l’importance de comprendre toute la chaîne nucléaire. Depuis seulement dix mille ans, l’ humanité est impliquée dans l’agriculture. A l’exemple de Bahi, il explique qu’une mine d’uranium transforme un champ de riz en une fosse à déchets, qui peut contaminer l’environnement pour des  centaines de milliers d’années.  Face à ce propos, les arguments du gouvernement tanzanien ne pèsent pas lourd . Celui-ci claironne que la nouvelle mine va créer quelques centaines d’emplois et que  la durée de l’exploitation minière de l’uranium est estimé à 30, peut être 50 années. Ce qu’il ne dit pas : Après ces années,  la rizière  reste un  désert radioactif pour des générations.

     

    « Les gens qui vivent ici doivent être impliqués dans la prise de décision. Le gouvernement ne voit apparemment que l’argent à court terme qui devrait être généré par la mine ». Amani Mustafa HAKI-MADINI du Niger souligne la dépendance du gouvernement par rapport aux sociétés transnationales et son attitude qui en résulte face aux activités minières. Les gouvernements écartent systématiquement les voix de la population, tandis que les entreprises dépensent une part toujours plus importante de leurs bénéfices pour la sécurité, parce que l’ exploitation minière chasse toutes les autres activités, comme l’agriculture, et conduit à l’expulsion des personnes qui vivent près de ces mines.

    L’espérance de vie moyenne en Tanzanie est actuellement de 56 ans mais dans les zones minières, de 40 ans . MADINI plaide pour impliquer les habitants au bon moment et se pose la question comment le pays peut gagner de l’argent avec des mines d’uranium sans avoir réussi cela jusqu’à présent avec les mines d’or.
    Anthony LYAMUNDA , directeur de l’ONG co-organisatrice CESOPE[18] décrit  les visites des futurs sites miniers d’uranium à Bahi et Manyoni et l’expérience avec la police. Divers intervenants locaux complètent son récit. Un conseil de district élu ( conseiller du district ) de Bahi souhaite  que les ressources locales soient détenues par les habitants de Bahi et non pas par le gouvernement  comme c’est imposé par la loi. « We realy have to organize ourselves to see how we can help the people that are affected by mining activities »[19]  Un ancien mineur remercie le  » blanc avec les cheveux longs  » (Günter Wippel uraniumnetwork) pour les nombreuses bonnes informations qu’il va certainement transmettre à son député (MdP) de sorte qu’il ne participe plus à ce jeu .  « Rassemblons nos mains pour combattre ces manœuvres politiques ».[20]

     

    Anthony LYAMUNDA constate une fois de plus que la Tanzanie appartient à tous et pas seulement au gouvernement et il plaide pour une économie durable à Bahi. « We never had much benefit from international investment, let’s wait until we have our own experts and then decide as Tanzanians » «Nous n’avons jamais tiré bénéfice des investissements internationaux. Nous allons attendre le moment ou nous aurons nos propres experts et décider alors comme Tanzaniens ».

    Après l’adoption d’une déclaration commune, le Congrès prend officiellement fin.

    Malgré  le fait que  l’extraction d’uranium  n’est actuellement pas rentable, on continue dans plusieurs pays africains d’attribuer des concessions d’exploration et d’exploitation. Ces investissements préventifs, dans le cas de l’uranium en attendant une demande de nouveau à la hausse, passent  pour la plupart par des sociétés basées au Canada.  Pour les autres matières premières, nous continuons à observer la course aux placements  des énormes avoirs  dont disposent actuellement les grosses fortunes de la planète. Une sorte de néo-feudalisme planétaire qui attribue des titres de propriétés aux oligarchies en place.

     

    À Falea au Mali, la société d’exploration Rockgate Capital Corp changerait apparemment de propriétaire. La transnationale  DENISON,  également domiciliée à Toronto au Canada, s’y intéresse avant même que l’évaluation de l’impact environnemental nécessaire soit réalisé.  Opération purement financière ?
    L’initiative citoyenne ARACF prépare, en collaboration avec le cercle de Kéniéba et la Mairie de Falea, une consultation populaire pour le mois de juin 2014 qui donnera à chaque villageois en âge de voter une voix pour dire oui ou non à la mine d’uranium[21].

    Le Mali, qui est aujourd’hui encadré « démocratiquement » par l’ancienne puissance coloniale, la France, peut faire respecter la volonté populaire face à une société transnationale. Mais faire respecter cette décision dépend aussi de toutes les personnes – en particulier en France – qui continuent à joindre le réseau de solidarité nationale et internationale avec la population des 21 villages de Falea.

    Un abîme de communication sépare les anciennes colonies anglophones de l’Afrique de  la sphère d’influence française.
    Ce constat a été fait aussi le dimanche 6 octobre 2013, qui a vu se réunir, après la conférence rapportée dans l’article précédent, les membres de l’African Uranium Alliance (AUA) à Dar es Salaam. Mais des ponts se construisent. Les conditions politiques différentes entre l’Afrique de l’est anglophone et l’Afrique de l’Ouest francophone peuvent être bien illustrées à travers les résistances aux projets d’extraction d’uranium en Tanzanie et au Mali. Ceci pourrait être le  contenu d’un prochain article dans Archipel écrit en coopération  avec Anthony LYAMUNDA, Bahi et professeur Many CAMARA, Falea.

    Hannes LAMMLER  (EBF /FCE), Guenter HERMEYER (BI-Lüchow Dannenberg)

    19.Oktober 2013


    [1] Titre du Guardian  samedi 5 octobre 2013  Uranium Mining : Tanzania faces the devil’s choice, experts warn.

    [2] Organisé par Internationale des Médecins pour la prévention de la guerre nucléaire IPPNW, uraniumnetwork,CESOPE, LHRC et Fondation Rosa Luxemburg ,

    [3]      National Environnement Management Council (NEMC)

    [4]      Tanzania Atomic Energy Commission (TAEC)

    [5] Selon la norme américaine les stériles (mot français pour les tas de déchets radioactifs) doivent résister à la lixiviation (lessivage, par les eaux de pluie) au moins deux cents ans.

    [6]      Entretien disponible en audio sur le site Falea21.org

    [7] Mystère de l’irradiation à doses faibles.

    [8] Petite île au sud de l’Australie (Melbourne)

    [9] Les frais après l’arrêt de l’extraction ds mineraies.

    [10] La société  mixte soviétique et allemand SDAG  WISMUT en RDA.

    [11] Arlit se trouve au Niger, lieu principal de l’extraction de l’uranium

    [12]    La Tanzanie n’a que commencé à devenir expert en protection de mines d’uranium.

    [13] The road to calamity – BARABARA KUELEKEA MAAFA ,  englische Untertitel  disponibel

    [14]     « L’avenir appartient aux sociétés qui engagent à bon compte des mercenaires pour protéger leurs intérêts sur place. De toute façon, les États africains, faibles et corruptibles, ne sont pas en mesure de faire respecter le code du travail et le code minier, alors nous piétinons la législation écologique et sociale, nous intimidons la population locale… ainsi, l’extraction des matières premières se fait au meilleur prix ! » Source FCE

    [16] Voir entre autre Was ist EURATOM ?  http://www.plage.cc/cms/antiatom/euratom.php

    [17]           Agnès SINAI  Le Monde diplomatique, décembre 2012: Un gendarme du nucléaire bien peu indépendant

    [18] Civil Education is the Solution  for Poverty and environmental management.

    [19] «Nous devons vraiment nous organiser pour voir comment nous pouvons aider  les personnes qui sont affectées par les activités minières »

    [20] « Let’s collect hands to fight, no political games anymore »

    [21] Voir www.falea21.org.

    ARACF en Tanzanie

    La conférence Uranium et santé dérange t’elle les autorités tanzaniennes ?

    mercredi 2 octobre 2013,

    DERNIÈRE MINUTE : Un article fort intéressant du Gardian tanzanien intitulé « Mines d’uranium : la Tanzanie face à un choix diabolique, alerte des experts « (en anglais)

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    … Brièvement ce message pour vous tenir un peu en alerte… Il y apparemment ici, en Tanzanie, où nous assistions avec ARACF à une conférence de sensibilisation aux risques sanitaires liés à l’extraction d’uranium, un lobby pro nucléaire assez important dans le gouvernement d’un pays pourtant considéré récemment par OBAMA comme une démocratie exemplaire …

    The district commissioner (l’équivalent d’un sous-prefet) du district de Bahi, un village situé à une heure et demie en voiture de la capitale DODOMA n’apprécie guère la visite des médecins et scientifiques contre le nucléaire venus de divers pays pour informer les populations de Bahi et Manyoni menacées par des projets d’extraction d’uranium. Après une journée de visite sur le terrain, l’organisateur principal, Monsieur Anthony LYAMUNDA, a été contraint de venir au poste de police de Bahi pour « perturbation de l’ordre public ». …

    L’interpellation a eu lieu alors que soixante dix congressistes visitait le 1er octobre dernier une immense plaine marécageuse près de Manyoni et non loin de Bahi gérée en grande partie par l’Eglise catholique et consacrée jusqu’à présent à l’agriculture. Les médecins ont pu observer de nombreux trous de forages – il y en aurait plus de milles ! – non sécurisé, tout comme à Falea, c’est à dire non obturé par un bouchon de béton.

    Par ailleurs, un autre grand domaine agricole, une risière – jusqu’à l’horizon – à environ 150 km au Nord de DODOMA, qui représente une richesse énorme sur le plan agricole, actuellement travaillé par 70 villages, est également menacée d’être transformée en en no man’s land radioactif.

    Ces projets de mine d’uranium sont voulu par quelques membres du gouvernement, qui n’hésitent pas via leur représentant local à intimider les populations et perturber le déroulement d’un événement totalement pacifiste .Il est fort étrange de se trouver, une année et demie après la catastrophe de Fukushima qui n’est pas encore terminé, face à des projets de mine d’uranium qui détruiront des plaines agricoles fertiles .

    ANNEXES :

    • Extrait sonore de l’intervention du l’avocat Tundu LISSU à la sorti du poste de police de Bahi après la fin de la retenue d’un des organisateurs des de la conférence

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    • Pour info : Présentation et programme de la conférence citée

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    • CESOPE (site tanzanien de défense de l’environnement) :http://www.cesopetz.org/hello-world/