Une délégation conduite par le maire rencontre les autorités à Bamako

Source Inter de Bamako – 11 juin 2013 extrait de http://www.malijet.com/ (site d’information malien)

Une délégation des populations des 21 villages de la commune rurale de Faléa, conduite par leur maire Mallé Camara et accompagnée par l’ARACF a séjourné du mardi 28 au vendredi 31 mai 2013 à Bamako. En plus du maire, la délégation comprenait le porte-parole des 21 villages de la commune Seydou Samoura, M. Mady Camara, notable représentant le chef de village de Faléa et Waly Camara Secrétaire Général du bureau local de l’ARACF. Cette mission avait un double objectif : une Demande d’informations sur la situation des projets miniers en cours d’implantation dans cette commune et le plaidoyer en faveur de son désenclavement.

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Traversée du FALEME en pirogue

Au cours de son séjour, la délégation a rencontre le Ministre des Mines, le Dr Amadou Baba Sy, le chef de Cabinet du Ministère de l’Équipement et des Transports monsieur Gabounè Keita et le Chargé de mission Mallé Danfaga. En outre, elle a également été reçu par le Secrétaire Général du Ministère de l’Artisanat et du Tourisme Elmehdi Ag Hamaty, le chef de cabinet Ségui Kanté, le Conseiller Technique Moussa Diallo, le Chargé de mission Communication et Coopération Internationale Moulaye Idrissa Touré.

Avec le Ministre des Mines, Dr Amadou Baba Sy, la délégation a demandé à être informé de façon très précise et complète sur la situation des travaux d’exploration en vue d’une future exploitation de l’uranium à Faléa menée par les entreprises canadiennes delta et Rockagte depuis 2007.

En effet, Rockgate Capital Corp annonce sur son site web avoir obtenu deux extensions successives du périmètre qui lui a été attribué portant la superficie totale à 267 km2 (contre 150 km2 reconnus officiellement par le gouvernement malien) et déjà réalisé l’étude de faisabilité et déposé le rapport auprès du gouvernement, puis complété l’étude d’Impact Environnemental et Social. Enfin, d’après la compagnie minière, elle va bientôt conclure avec le gouvernement malien une charte sur l’uranium.

C’est pourquoi, la délégation des populations de Faléa, leur maire et la société civile représentée par l’ARACF, ont appelé le représentant du gouvernement à communiquer officiellement la date exacte à laquelle le rapport de l’Etude d’Impact Environnemental et Social sera disponible et accessible au public ainsi que la date précise de la tenue de la « consultation publique » sur le site de Faléa, débat public local destiné à demander l’avis et les aspirations des populations résidentes, exigé par la loi malienne avant l’octroi aux compagnies minières du permis d’exploitation.

Aussi, la délégation a demandé à acquérir les tracés des périmètres miniers de toutes les compagnies minières intervenantes ou prévues sur le territoire de la commune de Faléa, le cadastre minier actualisé de la commune. Cette démarche a été rendue nécessaire par le fait que le Comité National de suivi mis en place en 2012 par le Ministre des Mines dont sont membres la Commune de Faléa et l’ARACF n’a jamais été convoqué malgré plusieurs lettres de rappel du bureau de l’ARACF de Bamako.

Cette structure de suivi et de concertation des travaux du projet de mine d’uranium de Faléa, cadre d’information officiel, a été instituée suite à l’action d’information et de sensibilisation menée en 2010 et 2011 par l’ARACF. Elle a pour mission d’assurer la sécurisation des populations locales (piste d’atterrissage, entreposages des carottes d’uranium etc.) la reprise de l’Etude d’Impact Environnemental et Social (EIS) déjà engagée par Rockgate en dehors des textes réglementaires du Mali et impliquer toutes les parties concernées (populations, société civile, municipalité de Faléa, la Direction Nationale de la Géologie et des Mines et les autres services techniques, les compagnies minières) à toutes les étapes de la réalisation du projet.

Le Ministre des Mines a reconnu que le Comité de Suivi National n’a jamais été opérationnel. Lui-même avait signé un ordre de mission pour conduire une délégation de ce Comité sur le terrain à Faléa. Mais cette mission a été annulée parce que les sociétés minières avaient un moment décidé de quitter notre pays en raison de la situation sécuritaire que le Mali a connu en 2012 et en 2013.

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S’agissant du rapport de l’Etude d’Impact Environnemental et Social, le premier responsable du secteur minier a affirmé au contraire de la société minière, qu’en réalité cette étude n’a pas été faite. Quant au rapport de faisabilité économique, selon lui, il ne sera pas déposé avant fin décembre 2013.

Le Ministre s’est solennellement engagé à rendre publique dès son dépôt le rapport de l’EIS qui sera réalisée par la société minière et à communiquer à temps à la municipalité, aux populations, à la société civile de Faléa et aux autres citoyens maliens, la date de tenue de la « consultation publique » afin de leur permettre de se préparer pour participer effectivement à ce futur débat démocratique. Enfin, le Dr Amadou baba Sy a annoncé la publication prochaine par son département de toutes les données sur le secteur minier au Mali.

Avec le Chef de cabinet du ministre de l’Equipement et des Transports et le chargé de mission, la délégation s’est entretenue autour de la question du bac de franchissement du fleuve Falémé dont la construction a été faite depuis 2005 par la Société INACOM-Mali. Mais depuis cette date, rien n’a changé pour les populations de la Commune de Faléa. Devant cette triste situation, le maire de la commune de Faléa a dressé à la date du 10 mai 2013, une correspondance au Premier-Ministre Django Sissoko avec ampliation au Ministre de l’Equipement et des Transports, de l’Administration Territoriale de la Décentralisation et de l’Aménagement du Territoire et à celui de l’Economie, des Finances et du Budget, lui demandant de trouver enfin une solution à cette situation déplorable.

Le Chef de Cabinet et le Chargé de mission du Département de l’Équipement et des Transports ont prêté une oreille très attentive à la sollicitation de la délégation et ont promis au nom du Ministre tout l’accompagnement nécessaire et indispensable à la démarché légitime du Maire et des populations de Faléa.

Enfin, la délégation de Faléa a fait au cabinet du Ministère de l’Artisanat et du Tourisme le compte-rendu du forum multiculturel qui s’est tenu dans cette localité les 25, 26 et 27 mai 2013. Cette rencontre multiculturelle présidée par le Conseil de cercle de Kéniéba et parrainée par le Sous-préfet de Faléa a permis de révéler le riche potentiel en matière de patrimoine culturel, matériel et immatériel, mais aussi artistique, artisanal et dans le domaine de l’éco-tourisme. La commune de Faléa sollicite le département de l’artisanat et du tourisme pour bénéficier des programmes et dispositifs publics existant ou prévus sur ces différents volets. Singulièrement l’encadrement technique et l’accompagnement du département est vivement souhaité par la commune de Faléa pour assurer le développement de la filière bambou un des ses atouts majeurs.

Le département a hautement apprécié la démarche des acteurs de Faléa et a salué les initiatives qu’ils ont initiées. Il s’est engagé à mobiliser les compétences et l’expertise en son sein et à fournir tout l’accompagnement requis afin d’assurer la réussite de leurs différents projets.

Fousseiny DANTIOKO

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Qu’est ce que vous allez faire ?

 

Expo Faléa en Autriche

L’exposition « Faléa – la menace d’une mine d’uranium » à Salzburg

Mairie de SALZBURG en Autriche

Salzburg en Autriche est la ville de Wolfgang Amadeus MOZART, compositeur mondialement connu. Mais elle est aussi la ville qui fête en 2013 le centième anniversaire de Robert Jungk, auteur du bestseller :L’ETAT ATOMIQUE publié en 1977. Cette ville et son Maire, Heinz SCHADEN, à travers une exposition consacrée à la résistance des habitants de Faléa au Mali contre un projet de mine d’uranium rappellent la catastrophe nucléaire de Fukushima d’il y a deux ans.

En plein centre touristique de la Ville de Salzburg le monument The Fence of capital offence, der Zaun des Anstosses, la « clôture de l’achoppement »rappelle la résistance exemplaire des habitants de la Ville, de toute la Région en solidarité avec les opposants allemands qui se mobilisaient depuis 1985 contre l’installation d’une centrale de retraitement nucléaire à Wackersdorf en Bavière.

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Inauguration de l’exposition dans la Mairie de Salzburg
Heinz SCHADEN (Maire) Many CAMARA (ARACF), Hannes LAMMLER (FCE)

Le tribunal administratif de Munich, le 10 Décembre 1985, a donné l’autorisation de défricher la forêt Taxöldener pour préparer l’emplacement de la centrale WAA. Les manifestants nucléaires y érigeaient dès le 14 décembre un village de huttes, qui a été évacué deux jours plus tard par la police venu au nombre de 3700 hommes… 869 manifestants ont été arrêtés. Cependant, le 21 décembre un nouvel village de huttes a été érigé et vidé le 7 janvier 1986 par les forces de l’ordre. La situation s’est aggravée de plus en plus, les droits civiques des habitants des communautés environnantes, qui ont soutenu les opposants à l’énergie nucléaire ont été limitées. La police se plaint de la solidarité croissante de la population locale avec les militants étrangers anti-nucléaires. [2] La presse populaire utilisait de plus en plus des mots comme « occupation » et « guerre civile » pour décrire la situation rappelant les derniers chapitres du fameux livre de Robert Jungk L’Etat atomique qui avait prédit un tel développement. De 1985 à 1989 inclus, des interdictions de manifester, des perquisitions, des arrestations et le déploiement régulier de grand contingents policiers venant de tous les Länder de la BRD dominaient les évènements politiques de la Région.

La mobilisation de la population a abouti au refus systématique des divers permis de construire qui ont été accordés par les autorités. Pour le deuxième permis de construire partielle de l’été 1988, l’audience publique obligatoire a eu lieu à Neunburg vorm Wald. A cet effet, des objections ont été émises par 881.000 citoyens.

Aujourd’hui on peut lire sur le monument qui rappelle cette histoire de résistance populaire réussie :

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Plaque du monument : La clotûre de l’achoppement

Jamais encore dans l’histoire on a connue une résistance populaire aussi importante contre un méga-projet technocratique [1] : plus de 420 000 objections allemandes et 420 000 objections autrichiennes entre autres aussi de la part de la Ville et du Land de Salzburg ont fait tomber ce grand projet inutile. C’était l’heure de la naissance de la politique extérieure autrichienne anti-nucléaire. C’est une contribution contre l’économie du plutonium et
- sa contamination continue de l’environnement
- ses transports permanents de déchets radioactifs
- ses risques d’abus du plutonium : le sabotage, des bombes nucléaires dans les mains des États et de terroristes,
- ses méthodes d’imposition et de surveillance antidémocratiques et policières.

PLAGE – la plateforme antinucléaire de Salzburg – a été créé dans les années de l’opposition contre la centrale de retraitement Wackersdorf. Elle a organisé la mise en place l’exposition pour Faléa. Elle ne va pas oublier dans les mois et années à venir la résistance des habitants de Faléa.

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Monument Resistance à WAA

L’Autriche essaie de rassembler les pays européens opposés au nucléaire et les invite à quitter l’EURATOM. Ce lobby militaro-nucléaire a été instauré dans les premières heures de l’Union Européenne et encaisse annuellement des millions d’Euros de contributions étatiques, même de contribuables de pays, qui se sont clairement prononcés contre l’énergie nucléaire. Savoir un peu plus !

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Après Dakar, Geneve, Berlin, Frankfort l’exposition Falea – la menace d’une mine d’Uranium est à Salzburg.

 

N’oubliez pas de signer l’appel de Faléa : SANS RESPECT DE LA DÉMOCRATIE ; DES DROITS DE L’HOMME ET DE L’ENVIRONNEMENT, PAS D’EXTRACTION MINIÈRE.

 

Notes

[1] les grands projets inutiles

 

Le nucléaire dans le monde : fin de la « renaissance »

Par Agnès Sinaï

Vingt ans après sa première édition, le World Nuclear Status Report 2012 dresse l’inventaire d’une industrie nucléaire en perte de vitesse dans le contexte actuel de crise financière, et encore frappée par les effets de Fukushima.

Durant la seule année 2011, la situation mondiale du nucléaire a été bouleversée : 19 réacteurs nucléaires ont été définitivement déconnectés dans le monde, tandis que 7 étaient mis en service. Quatre pays ont annoncé leur sortie du nucléaire : l’Allemagne, la Belgique, la Suisse et Taiwan. Cinq autres se sont retractés : l’Egypte, l’Italie, la Jordanie, le Koweit et la Thaïlande. L’Iran est le seul pays au monde à s’être engagé dans un programme électro-nucléaire commercial, depuis la Roumanie en 1996. Les chantiers sont arrêtés en Bulgarie et au Japon.

Etabli par les experts indépendants Mycle Schneider et Antony Froggatt en collaboration avec Julie Hazemann, le World Nuclear Industry Status Report 2012 résume la situation : en 2011 quatre nouveaux chantiers de réacteurs ont été lancés, et en 2012 deux. La France, l’Inde, le Brésil et les Etats-Unis ont annulé les nouveaux chantiers. Aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, des compagnies clés se sont retirées des projets. La certification de nouvelles technologies de réacteurs est reportée, c’est le cas du réacteur franco-allemand EPR qui ne sera pas agréé aux Etats-Unis avant fin 2014. Dans divers pays, les chantiers en cours ont pris du retard, en Chine, en Arménie, en Finlande et aux Etats-Unis. Sur 59 unités en construction dans le monde, au moins 18 connaissent des retards de plusieurs années. Le projet de la centrale Watts-Bar-2 aux Etats-Unis bat tous les records : la construction a commencé en 1973, et la mise en service a été reportée jusqu’en 2015 ou 2016.

Chantiers en déshérence et dérive des coûts

Quant aux nouveaux candidats à l’industrie nucléaire, tels que le Bangladesh, le Belarus, l’Indonésie, la Jordanie, la Pologne, l’Arabie saoudite, la Turquie, les Emirats arabes unis et le Vietnam, ils reculent devant les contraintes financières et les difficultés d’implantation liées à leurs conditions climatiques spécifiques, comme l’absence d’eau pour refroidir les réacteurs. Dans ces pays, l’implantation d’énergies renouvelables et l’utilisation du gaz naturel s’avèrent moins coûteuses et plus facile à implanter.

Un gendarme du nucléaire bien peu indépendant

par Agnès Sinaï, Le MONDE diplomatique, décembre 2012

Dans les méandres de l’Agence internationale de l’énergie atomique

Un gendarme du nucléaire bien peu indépendant

Impuissante à réguler la circulation des matières fissiles et à régler le dossier iranien, l’Agence internationale de l’énergie atomique a deux visages : zélatrice du nucléaire civil d’un côté, gendarme du nucléaire militaire de l’autre. Elle défendra les vertus de l’atome y compris à Fukushima, où elle tiendra sa conférence ministérielle du 15 au 17 décembre.


C’est à Vienne, la capitale autrichienne, dans un paysage de ville nouvelle entre le Danube, un échangeur autoroutier et le métro aérien, qu’est sise l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Au cœur de cet ensemble monumental de 4 500 bureaux cerclé de barbelés, la dalle désertique du complexe des Nations unies accueille une conférence sur la sûreté nucléaire après la catastrophe de Fukushima (Japon) survenue en mars 2011. Des véhicules diplomatiques stationnent devant l’entrée, où des grappes de dignitaires s’engouffrent avant de plonger discrètement vers les sous-sols par des escaliers mécaniques en cascade.

A la tribune, le diplomate japonais Amano Yukiya, directeur général de l’AIEA depuis 2009, s’adresse à un parterre de délégués issus des 153 pays membres. Ministres, représentants d’agences nationales du nucléaire, industriels de l’atome et experts de la radioprotection s’inquiètent de voir la renaissance annoncée dans les années 2000 compromise par l’accident japonais. M. Amano n’en espère pas moins « une nouvelle ère », avec des critères de sûreté des centrales renforcés et globalisés. Depuis juin 2011, l’agence diffuse d’ailleurs des communiqués lénifiants sur l’évolution des six réacteurs de la centrale de Fukushima, compilations des informations transmises par le groupe électronucléaire Tokyo Elec-tric Power Company (Tepco) et l’autorité de sûreté nucléaire japonaise, la Nuclear and Industrial Safety Agency (NISA). Surveillance et promotion du nucléaire : c’est le cocktail paradoxal qui définit cette agence pas comme les autres…Suite de l’article

 

Terre à Terre – France Culture

Ruth Stegassy de France Culture

L’émission TERRE A TERRE de Ruth Stegassy sur les ondes de France Culture peut être écoutée et téléchargée sur le site Archives des émissions TERRE A TERRE. Nous vous recommandons d’ailleurs vivement les deux autres émissions consacrées à la thématique du nucléaire.

Nucléaire 1 : Exploitation de la mine d’uranium de Faléa au Mali

Emission TERRE A TERRE du 6 octobre 2012 

Avec Many Camara, professeur de sociologie, membre de l’ARACF (Association des ressortissants et amis de la commune de Faléa).

 

Nucléaire 2 : tour de France des installations nucléaires

Emission TERRE A TERRE du 13 octobre 2012

Avec André Paris, géologue indépendant, auteur d’un travail cartographique/photographique sur le nucléaire en France.

Nucléaire 3 : Après Fukushima

Emission TERRE A TERRE du 20 octobre 2012

Avec Arkadi Filine, collectif des auteurs du livre « Oublier Fukushima » (Editions du bout de la ville).

Coup de projecteur sur l’uranium de Faléa

Un congrès international sur « l’uranium, la santé et l’environnement » a lieu ce week-end à Bamako. Les habitants d’une commune malienne se battent depuis des années contre un projet d’exploitation.

A l’initiative de l’ONG « International Physicians for the Prevention of Nuclear War » et de l’Association des ressortissants et amis de la commune de Féléa (ARACF), le Centre international de conférence de Bamako abritera du 16 au 18 mars un congrès international consacré à « l’uranium, la santé et l’environnement ».

Le choix de Bamako pour cet événement n’est pas anodin. Le Mali, après son voisin nigérien, aiguise l’appétit des compagnies minières multinationales pour ses réserves en uranium. Malheureusement, regrettent les organisateurs, la population et les décideurs politiques ont des connaissances limitées au sujet de l’exploitation de ce minerai et de ses conséquences.

Explorations en cours par compagnie canadienne

En quatre ans, des dizaines de puits de carottage sont apparus sous des terres de cultures vivrières. L’exploitation minière proprement dite n’y a pas encore débuté. Mais le groupe canadien « Rockgate » poursuit la phase d’exploration, pour déterminer l’emplacement des meilleurs gisements et leur profondeur. Ce n’est plus qu’une question de mois, dit-on. Pour les habitants mobilisés contre cette opération minière au sein de l’ARACF, le temps presse.

Les représentants du ministère des Mines seront particulièrement attendus au congrès, qui sera également l’occasion pour les candidats à l’élection présidentielle de faire connaître leur position sur le sujet. « L’enjeu est énorme sur le plan politique, économique et social », commente le représentant de l’ARACF Many Camara. Il rappelle que « les éléments toxiques de l’uranium se propagent dans la nature ».

La candidate à l’élection présidentielle française absente

L’eurodéputée et candidate à l’élection présidentielle française Eva Joly ne sera pas du déplacement cette fois. La farouche opposante au nucléaire s’était rendue à Faléa en mars 2011 avant de rencontrer Amadou Toumani Touré. « Le président a promis d’arrêter les forages, de ne pas délivrer de permis d’exploiter et de désormais favoriser l’agriculture plutôt que les industries polluantes », avait-elle alors déclaré. Une déclaration contredite peu après par l’entourage de la présidence, selon qui « il n’y a pas eu de prise de décision de faire arrêter tout de suite les forages ».

 

Exploitation de l’uranium de Faléa : Le niet des élus du cercle de Kéniéba

« A l’issue d’une formation, les élus du cercle de Kéniéba se sont opposés à la réalisation du projet d’extraction de l’Uranium de Faléa ».

La révélation a été faite le 25 avril 2012, par Nouhoum Keita, coordinateur du programme de renforcement des capacités des populations de Faléa et des élus du cercle de Kéniéba, lors de la conférence de presse sur le bilan du partenariat entre l’Association des ressortissants et amis de la commune de Faléa (ARACF) et la Fondation Rosa Luxemburg.

C’est un secret de polichinelle, la Commune rurale de Faléa située dans le cercle de Kéniéba, est aujourd’hui menacée par l’exploitation des ressources du sous sol dont l’Uranium. C’est suite à ce déferlement des sociétés minières sur le territoire de la commune que l’ARACF a décidé de s’impliquer activement dans le dossier minier. Selon Nouhoum Keita, toutes les actions visent à constituer un solide rempart contre le pillage effréné des ressources du pays par les investisseurs capitalistes internationaux.

« L’ARACF s’est mobilisée dans le but d’aider les populations et les élus à rester maîtres de leur destin, à choisir et à mettre en œuvre leur propre mode de développement, respectueux de leur culture et de leur environnement », a-t-il déclaré. Pour renforcer les capacités techniques des populations, des autorités traditionnelles et communales, Nouhoum Keita dira que l’ARACF a sollicité et obtenu l’appui de la Fondation Rosa Luxemburg, d’une valeur de 15 millions de FCFA. Selon lui, cela a permis la réalisation d’une série d’ateliers d’information et de sensibilisation des populations sur les activités des industries extractives et sur les effets secondaires nocifs consécutifs aux activités de prospection et d’extraction de l’uranium.

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Pour sa part le Professeur Many Camara a rappelé que l’ARACF n’est pas contre la volonté de l’Etat malien de diversifier ses activités minières. Mais, il a indiqué l’ARACF est opposée à l’extraction de l’uranium de Faléa pour tout le risque que cela comporte pour les populations. « Pourquoi ne pas abandonner le projet d’exploitation de l’uranium pour se consacrer à l’exploitation de l’or, du diamant et de la bauxite qui offre des potentialités estimées à 450 millions de tonnes », s’est-il interrogé.

Il a aussi proposé le développement de la filière du bambou dont regorge la zone et le développement de l’éco tourisme dans cette partie verdoyante de notre pays. « Il faut un programme de désenclavement de la zone de Faléa afin que la zone puisse développer son riche potentiel et nous allons nous battre pour le faire comprendre aux autorités », a-t-il déclaré. Pour conclure, il dira qu’il n’y a rien de rationnel à la démarche du gouvernement malien qui veut coûte que coûte exploiter l’uranium à Faléa.

Assane Koné

 

Une conférence mémorable et puis ….un coup d’État

Bamako mars 2012

La conférence sur l’Uranium, la santé et l’environnement à Bamako du 16 au 18 mars 2012 avait la particularité d’avoir été organisée par une initiative citoyenne d’une petite Commune, Falea au Mali en partenariat avec l’IPPNW1 – les médecins pour la prévention de la guerre nucléaire, le Uranium network et l’alliance africaine de l’uranium AUA2. Le centre international de conférence a été pendant trois jours le point de rencontre entre experts du nucléaire, médecins et activistes, curieux de la société civile et une grande délégation d’habitants de la Commune de Falea, qui s’oppose au projet de la première mine d’uranium du Mali.

David FIG, Afrique du Sud : sociologue de l'environnement, économiste politique

Après les mots d’accueils exprimés par le Professeur Many CAMARA de l’initiative citoyenne ARACF de Falea, le président de l’IPPNW Suisse, Professeur Andi NIDECKER insiste sur l’urgence de la mise à disposition d’une information scientifique pour la protection des populations confrontées aux travaux d’exploration de l’uranium et aux possibles montagnes de déchets d’une mine projetée. Il conclue face aux dangers incalculables de cette technologie de laisser ce minerai, sans le toucher, reposer là où il est : dans le sous sol. Le ministre des mines du Mali, Amadou CISSÉ, salue l’importance de cette rencontre scientifique et souhaite que ces connaissances soient respectées lors d’une mise en place de l’extraction du minerai. Il poursuit : « La lutte contre la pauvreté n’est que trop souvent accompagnée d’un manque d’information. Il va falloir inclure la population locale et éviter les fautes qui ont été commises ailleurs. » Gunter Wippel de l’uranium Network donne un aperçu sur les techniques et les dangers de l’uranium. Son intervention est complétée par l’ingénieur en physique nucléaire et responsable du laboratoire de la CRIIRAD en France, Bruno Chareyron. Connaissant la situation à Faléa, il dresse en outre une liste de toutes les méfaits commis par la société qui explore le terrain, la canadienne Rockgate Capital Corp3. « Même la phase d’exploration est souvent accompagné par des incidents provoqués par le radon4, un gaz hautement toxique. » Partout où l’on a extrait de l’uranium on laisse des montagnes de poussières radioactives qui continuent à contaminer les populations des alentours et empoisonner les nappes phréatiques.

Cette introduction est suivie par les récits de personnes venant du Gabon, de la Namibie, du Niger, du Congo, de l’État New Mexico aux USA, de Jadugoda en Inde, de l’Afrique du Sud et du Canada pour témoigner sur les effets de l’extraction de l’uranium dans leurs pays. Esther Yazzie – une indienne de la tribu des Navajo, raconte, plein d’émotion la situation désastreuse dans son pays natale après 60 ans d’extraction de ce minerai. Elle rappelle les liens qui nous lient à la terre et la nécessaire vigilance de la société civile. Chez les Navajo, ils ont perdu une génération tout entière : mort du cancer des poumons suite à l’inhalation du gaz radon dans les mines et leurs environs. Le rapport de Madame Salli RAMATOU du Niger5 dévrait être connu partout. Malgré les promesses exprimées il y a 40 ans, au début des 159 mines d’uranium dans ce pays, les droits de l’homme y sont bafoués, le développement et le bien être inexistant. Le responsable principal est AREVA. Cette société française, numéro un mondial du nucléaire, a méticuleusement veillée à ce que le taux de pauvreté reste collé au niveau de 1996. Le Niger souffre d’une contamination radioactive presque généralisé : des montagnes de poussières de déchets radioactifs de l’ordre de 35 millions de tonnes sont constamment érodés par les vents. Mme RAMATOU conclu son récit avec la phrase : « Deux ampoules sur trois brillent en France grâce au combustible nucléaire du Niger, qui est aujourd’hui un des pays les plus pauvres de la terre ».

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Doug Brugge, Professeur à la Tufts Medical School de Boston aux Etats Unis,

Trois scientifiques et médecins, Doug BRUGGE, Professeur à la Tufts Medical School de Boston aux Etats Unis, Mme Dale DEWAR du Canada, également médecin, et le Docteur Shri PRAKASH de Jadugoda en Inde6 ont chacun présenté leurs analyses des effets de l’uranium et sa radioactivité sur la santé de la population : des leucémies, des cancers de poumons, des disfonctionnement rénales, des déformations congénitales héréditaires en constante hausse.

Marc Ona ESSANGUI rappelle que la société AREVA a aussi sévit au Gabon. Aujourd’hui, après la fermeture en 1999 du site Mounana, des milliers d’habitants n’ont pas d’autre choix que de préparer leur repas quotidien avec une eau contaminée par la radioactivité. « Et Areva planifierait la réouverture des mines au Gabon. »

Golden MISABIKO venu à Bamako de la République démocratique du Congo s’étonne du nom que porte son pays. Les mots république et démocratique le fâchent. Après avoir publié une enquête sur AREVA chez lui, il a été incarcéré le lendemain. Il a du s’exiler. L’exploitation des mines est le plus rentable là ou les multinationales ne sont pas contraintes de respecter les Droits de l’homme, des lois environnementaux, un État de Droit ou une démocratie qui se respecte.

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Podium Bamako

Nouhoum KEITA, responsable de communication de l’initiative citoyenne ARACF décrit, que grâce à la mobilisation locale et le réseau internationale de solidarité, ARACF est devenu un acteur incontournable dans la procédure „de bonne gouvernance“ de l’Étude d’impact environnemental et social. Pourtant, il doit reprocher au gouvernement et au ministères concernés un manque de suivi et des promesses non tenues de mise à disposition d’informations. Les élus, des habitants et le chef du village traditionnel appuient l’intervention de Nouhoum par des commentaires. On veut et on va dire non à ce projet d’extraction d’uranium. On sent une certaine fierté qui s’exprime. Une détermination genre on ne lâchera rien. Des Falois remercient les hôtes venus de loin pour les appuyer……

L’incident

Le représentant du ministère des mines Seydou KEITA fait l’éloge de la richesse minière du Mali, qui exporterait annuellement environ 50 tonnes d’or. Il omet d’indiquer la valeur de ce pactole et la part qui reste dans le pays annuellement7. Mali est le troisième producteur d’or du continent africain ce qui est ici assez invisible. Le porte parole du ministère présente – powerpoint tableau à l’appui – un schéma de répartition exemplaire. Une sorte de transparence de façade ou l’information essentielle reste cachée. Une certaine grogne se fait sentir. Il poursuit que le Mali sera capable de réaliser l’extraction de l’uranium sans dégâts pour les populations… « grâce à dieu qui a donné l’intelligence aux maliens. Tant qu’il y aura des multinationales, qui s’intéressent pour nos matières premières, nous les accueillerons, vous pouvez discuter ici ce que vous voulez ». Dans sa lancée il reproche aux invités d’être venus uniquement pour faire des vacances au Mali. Ceci était le mot de trop. Un débat houleux s’instaure. Mais assez rapidement les organisateurs réussissent à remettre une ambiance d’écoute dans la salle. Professeur Many CAMARA exige du représentant du ministère des mines une excuse publique avant que la parole puisse être donnée aux intervenants suivants. Ses excuses, après de longues phrases insignifiantes, ont été acceptées par acclamation. Seydou KEITA

Madame RAMATOU rappelle la situation du Niger et la chance du Mali, où il est encore temps et possible d’éviter l’extraction d’uranium. Une longue liste de doléances et critiques faces à la société canadienne Rockgate Capital Corp (RCT) est dressée par une série d’intervenants de Faléa : les forages ont provoqué une pollution de puits d’eau ; mais les livraisons d’eau potable par RCT ont cessées après quelques jours ; des foreuses 24h sur 24 à proximité des huttes habitées ; des vaches, qui sont morts d’une manière inexplicable après avoir bu de l’eau des trous de forage mal sécurisés….

La possibilité de dire non au projet de la mine sera la consultation populaire. C’est une mesure qui fait partie de l’Étude d’impact environnemental et social. Mais est ce que ce sera seul une petite délégation des habitants qui aura un droit de vote ou est ce que ce sera une décision ou chacun et chacune des 17’000 habitants auront leur mot à dire ? Est ce que une décision négative pour la multinationale sera respecté ? Et la population, est ce qu’elle pourra compter sur le gouvernement ?

La rencontre à Bamako confirme l’importance de ces échanges d’informations, la nécessite de la mise en réseau d’acteurs les plus divers et l’exigence du respect des principes démocratiques, qu’il faut arracher de leur utilisation purement décorative. Les habitants du village de Faléa veulent être pris au sérieux. Les habitants de l’ensemble du continent africain ne pourront pas se satisfaire de ce que le P-DG de la société PALADIN Energy à exprimé : „The Australians and Canadians have become oversophisticated in environmental and social consent over Uranium Mining. The Future is Africa.“ (Executive Director Paladin Energy Australia 2006)8

Épilogue :

Quelques participants de la conférence se rendaient à Falea. Cinq heures sur la nouvelle route vers Keniéba, à la frontière vers le Sénégal et ensuite un chemin de terre rocailleux sur 80 km. Encore quatre heures. La route asphaltée a été construite d’ailleurs par une coalition de sociétés chinoise, japonaise et française. Les travaux ont été financée par divers fonds étatiques de développement en vue des nombreux projets d’extraction minière dans cette région.

Au retour à Bamako : Coup d’État. Le président Amadou Toumani Touré (ATT) et un certain nombre de ses ministres, des généraux et des colonels ont été arrêtés, l’aéroport et les frontières fermés. On parle de très peu de morts. La population est resté très calme et retenu. Quelques pillages et confiscations de véhicules ont eu lieu. Déjà trois jours après on a l’impression d’une certaine normalisation. Les soldats sont appelés à retourner dans leurs casernes. La junte a ordonnée la reprise des activités pour mardi 27 mars à partir de sept heures trente du matin. Elle a déclaré d’avoir pris le pouvoir pour redresser la démocratie et restaurer l’État. L’arrogance du ministre et surtout de son représentant lors de la rencontre « Uranium Santé et environnement » a été rejeté très vivement par les habitants de Faléa. Une grogne s’est manifesté au Palais du Congrès. Nous venons d’apprendre que de nombreux Falois espèrent que les jeunes Capitaines du Comité Nationale pour le Redressement de la Démocratie et la Restauration de l’État (CNRDRE) ne laisserons pas durer les habitudes prises par les sociétés minières, de verser des dessous de tables qui se transforment en villas ministérielles et pots de vins, des miettes pour la population et de transférer les bénéfices dans les paradis fiscaux.

Littérature : Dossier de préparation de la conférence de Bamako : à commander auprès de : Uranium Network.org

AREVA en AFRIQUE par Raphaël Granvaud, Edition Agon et Survie ISBN 978-2-7489 -0156-6

L’avenir radieux, Nicolas LAMBERT, www.unpasdecote.org

Le scandale de la France contaminée : DVD Pièces à conviction FR3

L’ensemble des débats a été enregistré et filmé. La conférence a été traduite également en bambara. Ces précieuses interventions seront utilisées pour radio-difffusion notamment par la Radio locale de Faléa. Grâce à l’aide de la Solidarité Internationale de la République du Canton de Genève ces contributions scientifiques pourront être traduites dans les quatre langues qui sont parlé à Faléa. Pour de plus amples informations : lammler(at)forumcivique.org